SLAM: THE ETHICS OF EMBODIMENT – A CASE STUDY OF MARIE DARAH’S WORKS
LE SLAM : UNE ÉTHIQUE DE L’INCARNATION. L’EXEMPLE D’UNE ŒUVRE DE MARIE DARAH
DOI:
https://doi.org/10.26485/PP/2026/81/24Keywords:
Slam; ethics-aesthetics; sociology of literature; theories of gender and intersectionality; marginalization; empowerment; Marie DarahAbstract
A slam text lasts no more than three minutes and is recited by the person who wrote it in front of an audience, without a stage set, music, or costumes. Because of its egalitarian and minimalist aesthetic based on embodiment (the poetic “I” corresponds to the “I” of the poet), slam poetry is a field in which the homology between one’s lifestyle and poetic writing style can be investigated. What is more, the main rule of slam is political understanding, an ethic that underpins its vibrant aesthetic. Therefore, its emancipatory power stems from two of its defining aspects: its principles and its form. Characterized by a certain formal freedom, this kind of poetic self-narrative contrasts with classical poetry insofar as it refuses to follow predefined aesthetic rules. However, there are many formal legacies linked to orality, to the need to memorize or to “slam” (in the literal sense of the word). The aesthetic characteristics of slam explain why it appears to be the driving force behind a revolution in contemporary Belgian poetry. This stylistic study of slam focuses on Marie Darah, a young Belgian slammer. This choice is motivated by the fact that one of their collections of poetry or self-narratives, which they slammed and published, exemplifies the aesthetic of embodiment and reveals its outcome: the recognition of oneself and others.
LE SLAM : UNE ÉTHIQUE DE L’INCARNATION. L’EXEMPLE D’UNE ŒUVRE DE MARIE DARAH
Résumé
Un texte de slam ne dure pas plus de trois minutes, il est scandé par la personne qui l’a écrit, devant un public, sans décor, musique, matériel ou costume. Esthétique égalitaire et minimaliste, fondée sur un phénomène d’incarnation (le « je » poétique correspond au « je » du ou de la poète·sse), le slam représente alors un véritable terrain d’investigation sur l’homologie entre style de vie et style d’écriture poétique. De plus, le slam a pour règle principale une entente politique, une éthique qui fonde son esthétique vivante. Son pouvoir émancipateur tient donc à deux de ses aspects définitionnels : ses principes et sa forme. Caractérisée par une certaine liberté formelle, ce récit – de soi – poétique s’oppose à la poésie classique en ce qu’il refuse de poser des règles esthétiques a priori. Mais nombreux sont les héritages formels liés à l’oralité, à la nécessité de mémoriser ou de « claquer », « percuter » (traduction littérale du mot). Les caractéristiques esthétiques du slam expliquent alors en quoi il apparaît comme moteur d’une révolution dans le champ de la poésie belge. Cette étude stylistique du slam prendra comme cas de figure celui de Marie Darah, jeune slameur·se belge. Car un de ses recueils poétiques ou récits de soi slamés et publiés par iel est exemplaire de cette esthétique de l’incarnation et révélateur d’un phénomène qui en découle : la re-connaissance de soi et des autres.
MOTS-CLÉS Slam ; éthico-esthétique ; sociologie de la littérature ; théories des genres et intersectionnalité ; marginalisation ; réappropriation ; Marie Darah
Cet article a été traduit du français vers le polonais par Dorota Walczak-Delanois et Yoana Ganowski.
The article was translated from French into Polish by Dorota Walczak-Delanois and Yoana Ganowski.
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